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Un alésage qui revient toujours en défaut : comment remonter à la cause

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Corentin Plaine
Usinage d’un alésage sur centre d’usinage, copeaux en formation

Quand une même cote sort des tolérances série après série, le problème n’est presque jamais là où on le cherche en premier.

Vérifier d’abord la mesure

Avant d’incriminer la machine, il faut s’assurer que la mesure dit vrai. Un tampon usé, un comparateur mal étalonné, une pièce contrôlée encore chaude ou serrée dans son montage suffisent à faire apparaître un défaut qui n’existe pas, ou à masquer celui qui existe.

Sur une cote ajustée du type 2k6, l’intervalle de tolérance se compte en microns. L’incertitude du moyen de contrôle doit donc être connue et petite devant cet intervalle, sinon toute la recherche de cause repose sur des chiffres discutables.

Séparer le décentrage de la dispersion

Un relevé de plusieurs pièces consécutives distingue deux situations qui n’ont rien à voir. Si toutes les valeurs sont regroupées mais décalées du milieu de la tolérance, le procédé est capable et mal réglé : la correction prend quelques minutes.

Si les valeurs sont dispersées, le procédé lui-même n’est pas assez stable pour la tolérance demandée. Le travail devient plus long, mais il est le seul qui règle durablement le problème.

Remonter la chaîne

Prise de pièce, état et géométrie de l’outil, conditions de coupe, lubrification, rigidité du montage, température de l’atelier, ordre des opérations : chaque maillon est examiné pour ce qu’il peut faire varier sur cette cote précise, et non en général.

Un défaut qui apparaît toujours en fin de série pointe l’usure d’outil. Un défaut qui suit les changements d’équipe pointe le mode opératoire. Un défaut aléatoire pointe le bridage ou le copeau.

Corriger en atelier, puis figer

La correction se valide au poste, sur des pièces réelles, pas sur un tableau. Une fois le résultat confirmé sur une série suffisante, la nouvelle condition rejoint la gamme et le plan de contrôle précise la fréquence de vérification de cette cote.

Sans cette dernière étape, le défaut réapparaît à l’occasion du prochain changement d’outil, et l’atelier conclut que le problème n’avait jamais été résolu.

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