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Prix de revient et devis en sous-traitance mécanique : sur quoi se trompe-t-on le plus

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Corentin Plaine
Pièces de monnaie renversées, illustrant le calcul d’un prix de revient

Un devis établi sur le temps théorique de la gamme et un taux horaire moyen finit par vendre certaines pièces à perte, sans que rien ne le signale dans les comptes.

Le temps théorique n’est pas le temps réel

La gamme donne un temps d’usinage ; la production ajoute les changements de série, les reprises de correcteur, les contrôles, les arrêts d’attente matière. Un devis fondé sur le seul temps de coupe sous-estime systématiquement le coût, et l’écart grandit sur les petites séries.

Comparer une fois le temps annoncé au temps constaté sur quelques ordres de fabrication suffit à mesurer le décalage. C’est souvent la première information utile avant de retoucher un tarif.

Un taux horaire moyen masque les écarts

Un centre cinq axes, un tour à commande numérique et une fraiseuse conventionnelle n’ont ni le même amortissement, ni la même consommation d’outils, ni la même main-d’œuvre. Les mélanger dans un taux unique revient à faire payer les pièces simples pour les pièces complexes.

Distinguer deux ou trois taux par famille de machines change les prix d’une partie du catalogue, et fait souvent apparaître des séries dont la marge était négative.

Les rebuts et les retouches appartiennent au coût

Un taux de rebut de trois pour cent signifie que cent pièces facturées ont demandé cent trois pièces lancées, avec la matière et le temps correspondants. S’il n’apparaît pas dans le calcul, il se retrouve intégralement dans la marge.

Le même raisonnement vaut pour les retouches et les contrôles renforcés mis en place après une réclamation : ils ont un coût récurrent qui doit être visible.

Un devis se révise avec des données

Renégocier un prix sans chiffres se termine rarement bien. Présenter un relevé de temps réel, un taux de rebut et une comparaison avec le temps devisé transforme la discussion en question technique plutôt qu’en rapport de force.

Dans plusieurs cas, la marge se récupère d’ailleurs sans toucher au prix : en réduisant le temps de changement de série, en supprimant une opération devenue inutile ou en fiabilisant une cote qui générait les rebuts.

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