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Gagner une seconde sur un temps de cycle : ce que ça représente en grande série

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Corentin Plaine
Fraisage sous arrosage d’une pièce produite en grande série

Sur une pièce produite six millions de fois par an, une seconde et demie retirée d’un cycle de treize secondes change le prix de revient de la série entière.

Une seconde ne se juge pas à l’unité

Prise isolément, une seconde de cycle ne veut rien dire. Rapportée à un volume, elle devient une quantité de temps machine, donc une capacité disponible et un coût. Sur un cycle moyen de 13,5 secondes et une production annuelle de six millions de pièces, 1,5 seconde retirée libère plusieurs semaines de production par an sur le parc concerné.

C’est ce raisonnement qui justifie d’aller chercher des dixièmes de seconde là où, sur une petite série, l’effort ne serait pas rentable. La question n’est jamais la valeur absolue du gain, mais son produit par le volume.

Où se cachent les secondes

Rarement dans la coupe elle-même. Le plus souvent dans les approches et les dégagements, les changements d’outil, les temps morts entre deux opérations, une passe de finition conservée par prudence, ou un contrôle intégré au cycle alors qu’il pourrait être fait hors cycle.

Le préalable est un relevé honnête : chronométrer le cycle réel au poste, opération par opération, plutôt que de partir du temps théorique de la gamme. L’écart entre les deux est souvent la première information utile.

Ne pas gagner du temps contre la qualité

Un cycle raccourci qui augmente l’usure d’outil ou fait sortir une cote de tolérance ne fait que déplacer le coût vers les rebuts et les retouches. Chaque modification de paramètre se valide donc sur une série de contrôle, sur la cote la plus sensible, avant d’être retenue.

Le bon réglage est celui qui tient la cote à chaque pièce dans les conditions réelles de l’atelier, y compris en fin de vie d’outil et sur les changements d’équipe.

Répliquer sur le parc

Un gain obtenu sur une machine ne vaut vraiment que s’il est transposé aux machines similaires. Encore faut-il que les conditions le permettent : même état de broche, mêmes outils, même montage. La comparaison des cinq machines d’un parc révèle presque toujours des écarts de réglage hérités de l’histoire de chacune.

Le réglage retenu rejoint la gamme, le plan de contrôle est mis à jour, et un indicateur de temps de cycle reste visible au poste. Sans cela, le cycle dérive de nouveau en quelques mois.

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